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29/04/2012

PRESIDENTIELLE, LEGISLATIVES 2012 : Bing bang politique, urgence pour l'UMP !

Ou la nécessité pour la droite de perdre ces élections pour réapprendre les valeurs de la République.

 


BING BANG.jpg" Si longue est la cuillère, on ne doit jamais manger à table avec le diable" disait Raymond Barre.

 

" Il n'y a qu'un seul combat qui vaille, c'est celui de l'homme" Charles De Gaulle


Le gaulliste que je suis est outragé du comportement, inadmissible du candidat à la présidence de la République, NS, mais surtout du comportement de certains élus UMP, non seulement prêts à se vendre auprès du FN mais pire, ils se comportent comme des fachos en insultant et méprisant des hommes et des femmes qui ne pensent pas comme eux en les comparant à des animaux comme se fut le cas pour la compagne de FH.

 

Lors d'un CICA, j'avais interpellé la seule élue UMP du 7ème sur la dérive comportementale extrême droitière d'une partie de l'UMP et de ses principaux dirigeants. La justesse de mes propos d'alors, se confirment aujourd'hui par le comportement du candidat NS.

 

Cela démontre, s'il en est, que NS et une partie de l'UMP, malheureusement de plus en plus grande importante bafouent less valeurs de la République que sont la Liberté, l'Egalité et la Fraternité et en plus une solidarité sans faille intergénérationnelle et sociale qui doivent se faire par des politiques publiques d'actions publiques envers les populations les plus fragiles.

 

Les différents propos de stigmatisation des diverses populations composant notre pays ne font qu'accentuer la volonté d'un combat partisan permanent entre les Français dont l'objectif avoué est le clivage politique systématique de la société française.

 

L'UMP et ses acolytes ont perdu la raison par une passion sans contrôle et sans limites. Or, si la politique c'est la passion par l'expression de ses idées, elle doit se faire dans la raison par des analyses rationnelles et empiriques des comportements de la société, des structures qui la gouvernent et des comportements individuels et collectifs pour le traitement des réalités et faits sociaux.


L'UMP et ses acolytes, pour retrouver le chemin de la raison, il est d'une urgence et c'est le peuple qui doit le faire, au travers de son expression électorale qui est le vote le 6 mai mais aussi les 10 et 17 juin lors des législatives par un bing bang électoral.

 

J'entends par-là, que l'UMP et ses acolytes doivent se ramasser une « branlée électorale » qui devra les remettre en de meilleures dispositions pour le respect des êtres, des idées et des consciences qui sont la solidité même de l'être humain.

 

L'UMP et ses acolytes devront se régénérer par tous les moyens que la démocratie permet, ce qui veut dire qu'ils devront revoir leur corpus de pensée, une réorganisation de leurs structures en aval comme en amont par des débats démocratiques contradictoires et surtout lors de la mise en place de listes électorales notamment ( prochaines municipales par ex) de la possibilité des adhérents et sympathisants d'être réellement parties prenantes dans le processus de désignation des candidats.

 

De plus, ce mouvement politique devra « inculquer » l'esprit démocratique et une culture politique auprès des militants car aujourd'hui, je constate de l'extérieur qu'en grande partie, les militants et sympathisants UMP sont très faiblement cultivés politiquement et parfois même d'une faible culture générale.

 

J'en terminerai sur le plan idéologique, l'UMP ou sous un autre nom doit revenir à ses fondamentaux : l'Etat, la Nation, le plein exercice de sa souveraineté nationale dans une Europe des nations, la solidarité nationale, et imposer une véritable démocratie sociale dans l'entreprise.


Ci-dessous, la tribune de Dominique de Villepin donne de la matière et des outils pour une réflexion du devenir d'un futur mouvement politique de droite, souverainiste mais ouverte au monde et surtout proche du peuple et non d'affairistes véreux, comme ce fut le cas lors de ces cinq dernières années.

 

 

La droite m'effraie, la gauche m'inquiète !

 

La campagne du premier tour a été indigente. Celle du second devient indigne. L'instrumentalisation de faits divers, l'improvisation de bien des propositions, le débauchage sans vergogne de voix extrémistes, tiennent aujourd'hui lieu de débat. Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une.

Je veux le dire aujourd'hui avec gravité. C'est une route sans retour. La dérive électoraliste qui s'est engagée est un processus incontrôlable et sans fin. Une concession en entraînera toujours une autre. Un gage à l'extrémisme toujours un plus grand encore. Une digue rompue en fera céder une autre. Halte au feu !

Je ne peux cautionner cette dérive.

Le combat contre la logique des idées simples, de la peur et de la force, c'est l'engagement de toute ma vie politique au nom d'une certaine idée de la France. C'est la même spirale qui a entraîné la guerre en Irak et qui nourrit l'islamisme au nom du choc des civilisations. C'est la même spirale qui entraîne le Proche-Orient vers un désespoir toujours plus profond. La division n'a pas de fin. La haine n'a pas de fond. C'est cette conviction qui avait conduit Jacques Chirac à tracer des limites claires entre la droite républicaine et l'extrême droite. C'est cette conviction qui m'a conduit, cinq ans durant, à alerter contre les risques de dérive, de stigmatisation et de division.

Je ne supporte pas l'hystérie générale qui s'est emparée de l'élection dans laquelle le peuple français est pris en otage par six millions d'électeurs en colère. Aujourd'hui, tout se passe comme s'il n'y avait en France que des électeurs du Front national. Comme s'il n'y avait pas d'autres questions que le halal, l'immigration légale, les horaires de piscines municipales. La compétitivité, l'éducation, l'agriculture, l'innovation : disparues. L'Europe, le chômage, les déficits sociaux, la délinquance ? Lus jusqu'à l'absurde à travers les lunettes déformantes et rétrécissantes du FN. Les responsables politiques ne cessent de se laisser creuser l'écart entre le discours et les actes, nourrissant la rage et le désenchantement. Le FN n'est que le produit dérivé de ce mensonge généralisé.

C'est mon devoir de responsable politique d'assumer aujourd'hui l'exigence de mon héritage gaulliste en disant le poison mortel qui menace la droite : celui du reniement de ses valeurs, celui du sacrifice de ce qui fait notre identité. C'est mon devoir vis-à-vis des électeurs de la majorité qui, comme moi, s'interrogent, doutent du bien-fondé d'une telle politique, mais qui veulent croire que dans cette majorité il y a des hommes et des femmes dont la conscience reste en éveil et qui ne cesseront de se dresser pour que l'intérêt général prévale, pour que la dignité de notre pays l'emporte.

Ne nous abîmons pas. Chacun de nous doit prendre ses responsabilités pour faire revenir notre monde politique à la raison et retrouver un chemin d'espérance, de réconciliation et de refondation. A la force et à la peur, nous ne pouvons, citoyens libres, qu'opposer le droit, la raison et l'humanité.

La véritable réponse à cette dérive, ce sera de reconstruire un avenir pour notre pays.

Aujourd'hui, c'est vrai, la droite m'effraie, mais la gauche m'inquiète. Le 6 mai, quoi qu'il arrive, sera la victoire d'un homme, mais pas la victoire de la France. Tout sera à faire. Tout sera à réinventer. Nous aurons une tâche formidable devant nous: la réconciliation des Français.

Aucun des deux projets ne sera à même d'apporter les réponses nécessaires à une crise d'une gravité exceptionnelle. Alors faisons vivre deux exigences.

La première exigence, c'est de regarder plus loin que cette élection pour affronter les grands défis à venir. Notre réponse au chômage, au déclin industriel, au défi énergétique, notre réorientation vers une économie de la connaissance par une éducation nationale plus juste et plus efficace, notre place en Europe, nous ne les trouverons pas dans l'idéologie. La clé de ces urgences, c'est le rassemblement, c'est l'action, c'est le sens du devoir.

La deuxième exigence c'est, au-delà du bulletin de vote, au-delà du choix d'un nom, d'assumer jour après jour notre citoyenneté, avec vigilance et responsabilité face à tous les grands choix de notre nation.

Mon rôle n'est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités. Les citoyens ne sont ni des moutons ni des enfants turbulents. Le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu'elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d'humanisme, parce que, en conscience, il faut bien choisir.

Et le 7 mai, tout restera à faire, il faudra se rassembler pour agir. C'est dans cette ligne que je m'engagerai dans la voie du redressement de notre pays.


Dominique de Villepin, ancien premier ministre